13.04.2009
GSK vu de l’intérieur : chronique d’un « futur ex ».
Tout le monde le sait, GSK a annoncé la suppression de 798 emplois sur le site d’Evreux et des plans identiques ont été faits sur d’autres sites de production dans le monde. C’est un choc, non seulement pour les employés mais aussi pour les ébroïciens dans leur ensemble. C’est peut-être pourquoi tout et n’importe quoi ont été dits ou écrits sur la situation actuelle.
Alors vu de l’intérieur, ça donne quoi ? Franchement, je ne sais plus si je dois en pleurer ou finalement en rire vu ce qui se passe en ce moment.
Pourquoi ? Voici mes réponses.
1) Une entreprise largement bénéficiaire qui licencie pour anticiper les mutations du marché du médicament, ça rappelle nos fabuleux traders qui, à force d’anticiper le marché boursier nous ont foutus dans la mouise. Pas la peine d’en faire une thèse, tout le monde peut le constater au jour le jour (80000 chômeurs de plus rien qu’en février, par exemple). Plus spécifiquement, à propos de l’industrie pharmaceutique, je vous invite à vous procurer le dernier numéro de « Books » qui propose un dossier très complet sur le sujet. On peut y lire comment la corruption à infiltrer l’industrie pharmaceutique, les chercheurs, les médecins et les professionnels de santé. Pour le reste, GSK est avant tout une multinationale dont le but est de maximiser ses profits, les ressources humaines (c’est-à-dire les hommes et les femmes qui composent l’entreprise) restant la variable d’ajustement.
2) L’attitude de certains syndicats et/ou de certains syndicalistes frise l’irresponsabilité. Dans le cadre d’un plan social, les salariés ne doivent rien savoir des négociations en cours. Des réunions entre représentants syndicaux et Direction sont planifiées. Une date d’annonce est arrêtée. Tout le monde doit respecter ces règles. Ceci est certes très angoissant mais c’est la loi qui veut ça. Dans le cadre de GSK, cette confidentialité est largement mise à mal, c’est le moins que l’on puisse dire. Or, seuls les représentants du personnel ont accès à ces documents (normal, ils doivent les travailler et négocier !). Y aurait-il des brebis galeuses ? Malheureusement…
Et les conséquences sont terribles : colère du personnel ; défiance vis-à-vis des représentants syndicaux dans leur ensemble (alors que seulement certains d’entre eux sont coupables de ces « fuites » ) ; dépressions ; apparition comme par enchantement de « nouveaux représentants des ouvriers », non élus et jusqu’au-boutistes, etc …
Ce qui me dégoûtait au départ, c’était ce plan social odieux fait en dépit du bon sens où 798 personnes perdraient leur emploi sur le site, où le pôle de recherche (c’est-à-dire l’avenir industriel !) était purement et simplement supprimé, où le site ne produirait que des médicaments « matures » (c’est-à-dire dont le brevet tombera à court terme dans le domaine public), où la vision industrielle était floue pour ne pas dire absente, et dont la fameuse « pérennité du site » ne semblait pas du tout garantie dans les faits, malgré le courrier du PDG "Monde" aux élus locaux.
Aujourd’hui, je suis dégoûté par la nature humaine de certaines personnes qui n’hésitent pas à divulguer des informations confidentielles juste pour emmerder le syndicat d’à côté et assouvir soit une vengeance personnelle, soit un besoin de reconnaissance du type « héros du village ». Tout ceci sans penser aux conséquences de leurs actes sur les personnes les plus fragiles, dont les informations tronquées leur sont transmises de la pire façon qui soit, c’est-à-dire de manière informelle et entre deux portes.
Un conseil : voter en masse lors des élections des représentants du personnel et faites le bon choix…Car, c’est dans ces cas-là qu’on s’aperçoit si on a merdé ou pas !
Au fait, comme lors de tout plan social qui se respecte, le PDG "Monde" a vu son salaire augmenté de 1,09 millions d’€ à 1,23 millions.
Comme dirait l’ami Roberto, la vie est belle…mais ça dépend pour qui.
19:18 Ecrit par Rive gauche dans Actualité locale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : evreux, actualité, locale, economie



