07.11.2008
La politique selon B.Lemaire: ne rien faire, mais dire que l'on agit!
Toujours prompt à donner des leçons sur ce qu’il convient de faire ou ne pas faire, B.Lemaire aime bien mettre en avant ses relations avec le monde politique, comme argument électoral : avec tous les gens qu’il connait, il ne peut être qu’un bon candidat !
C’est une manière de faire de la politique : plutôt que de rechercher l’intérêt général et la recherche de solutions concrètes, mettre en avant « ses »relations !
Comme si « ses relations » ne lui demanderaient pas quelques contreparties….un jour ou l’autre.
En attendant, nous ne résistons à publier l’intégralité du communiqué de Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, en réponse à l’intervention aussi médiatisée qu’inutile de B.Lemaire à propos de l’entreprise « Automatech ».
Bruno Lemaire a souvent le teint poupain et le ton gamin. C’est ce qui fait son charme. Il a malheureusement, aussi, quelques défauts qui font de lui un vieux, vieux politicien. Le diplomate de profession oublie, trop souvent, la courtoisie de rigueur. Le souriant normalien laisse, parfois, réapparaître son goût du secret et, la soutane en moins, de vilaines manières de Mazarin.
La base aérienne 105, le LRBA de Vernon, le Long Buisson…
On l’avait vu laisser discrètement fuir Awacs, avions ravitailleurs et Airbus militarisés vers Bourges et Orléans pour mieux se féliciter que la base d’Evreux accueille des Transall fourbus d’au moins cinquante ans d’âge. On l’avait aperçu tentant de sauver le LRBA de Vernon qui, dès qu’il s’en est approché, a aussitôt fermé. Au président de Sanofi, il avait proposé, voici un an, de diriger les investissements de Val-de-Reuil vers le « Long Buisson » avant, pris la main dans le sac, d’assurer que c’était une plaisanterie de potache.
…et Val de Reuil !
Sa dernière polissonnerie prête moins à rire. Pour le prix d’un passage sur TF1, à « sept à huit », pour cinq minutes de célébrité, cinq minutes de célérité, dimanche dernier l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin s’est improvisé, si ce n’est député du secteur, du moins, à titre provisoire, assistant parlementaire de François Loncle dissertant in situ sur Val-de-Reuil, son avenir : félicité ou anxiété.
Se promenant dans « la zone industrielle du Val-de-Reuil » (sic), on l’a donc vu soliloquer devant la caméra et s’alarmer, dans la commune économiquement et industriellement la plus dynamique de l’Eure, des conséquences de la récession. On ne pouvait être plus mal-à-propos. Les entrepreneurs rolivalois auront apprécié ! Au prétexte d’évoquer le futur de la société Automatech, décor de sa prestation cathodique, en touriste savant, il se lance dans une analyse de la situation locale sur la chaine de Martin Bouygues. La sinistrose l’envahit. Il s’inquiète, il s’alarme.
Parler pour ne rien dire…
Bien qu’il avoue à l’écran, devant ses dirigeants, ne connaître Automatech ni des lèvres, ni des dents, il considère qu’il est face à un symbole. Rien de moins. Il oublie les implantations, les agrandissements, les développements industriels qui font l’excellence de la Communauté d’Agglomération Seine-Eure toute entière. Qu’importe, pour un peu d’audimat, il empoigne son téléphone et voulant sauver une société à l’instant qu’il découvre, appelle les banques qui lui raccrochent au nez ou qui, pour les plus courageuses, osent lui dire qu’elles ont déjà été appelées par les élus qui, eux, maîtrisent le dossier.
Le député d’Evreux n’a pas prévenu le maire de Val-de-Reuil de sa petite balade audiovisuelle. C’est sans doute un souvenir des rapports qu’il entretenait avec le maire d’Evreux, M. Nicolas, qu’il soutînt jusqu’à ce qu’il chuta. Ce n’est pas grave. En revanche, il a joué avec des emplois et des entreprises. C’est irresponsable. Là où se fait la réussite économique du département, il a semé la crainte et le doute. Par maladresse, il a failli éloigner des investisseurs des ressources, des emprunts, des crédits dont ils ont besoin. Par manque de lucidité, il a scénarisé les difficultés d’une entreprise transformant, alors que chacun s’effraye des conséquences de la crise, en généralité ce qui est un cas particulier.
Sauf pour (faire) parler de lui !
Par intérêt personnel, il n’a pas aidé une commune qui l’aurait plutôt attendu aux côtés des salariés de Tyco dont l’entreprise est délocalisée en Roumanie par des dirigeants sans âme, que sous les projecteurs de TF1.
Heureusement, pour Automatech, sans l’aide fatale de Bruno Lemaire, il a été décidé qu’une commission composée d’OSEO, de la Caisse des Dépôts et des trois principales banques du territoire examinera dans les prochains jours les moyens d’épauler l’entreprise et de sauver son activité. C’est la vraie nouvelle de la journée. A la mairie de Val-de-Reuil, on espère que cela fonctionnera sans parasitisme, ni politique spectacle
18:40 Ecrit par dans Actualité locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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